mercredi 25 mars 2009

Après Amityville, Southington...

29 ans après Amityville, la maison du diable, un nouveau film de maison hantée, tiré d’une histoire vraie, sort aux Etats-Unis le 27 mars prochain. Et déjà, il crée la polémique. En effet, l’actuelle propriétaire de la maison qui a inspiré The Haunting in Connecticut est harcelée par un incessant ballet de curieux. Pourtant, elle n’a rien remarqué d’inhabituel et parle plutôt d’une maison calme. Tout le contraire de sa mauvaise réputation, ancien dépôt mortuaire des années 20 devenu maison de famille, habité 60 ans plus tard par les Snedeker, victimes de phénomènes étranges. Les manifestations paranormales visaient principalement le fils du couple qui se plaignait d’entendre des bruits et d’apercevoir des ombres dans sa chambre au sous-sol. Les événements surnaturels furent tellement forts que la famille fit appel à des chercheurs en phénomènes paranormaux, Ed et Lorraine Warren, les mêmes qui s’étaient illustrés dans l’affaire Amityville. Les actuels propriétaires ont retiré le numéro de la maison et affiché une pancarte « Propriété privée. Défense d’entrer » mais rien n’y fait. Certains badauds s’amuseraient même à effrayer les enfants. La production du film se défend d’avoir provoqué cette agitation, soulignant qu’elle a changé le nom des protagonistes et n’a jamais divulgué l’adresse de la maison. Sauf que, sur le site web officiel du film, il est clairement fait mention de ces éléments. Alors, désagréable mésaventure ou opération de promotion ? Quoi qu’il en soit, le buzz est lancé. Et la date de sortie française n’est pas encore annoncée. O.V.

samedi 7 mars 2009

Objets de sorcellerie

J’aimerais porter à votre connaissance un livre fort intéressant qui, s’il n’a rien à voir avec les fantômes, nous emmène néanmoins dans un univers trouble tout aussi étrange. Il est question ici de jeteurs de sort, de sorcières, de thaumaturges et d’envoûtements. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Si, de nos jours, la sorcellerie et autres arts occultes ont le vent en poupe chez les adolescents, il ne s’agit pas là d’un « grimoire » avec moult recettes magiques comme on peut en trouver par dizaine dans toutes les échoppes. Précisons tout de même que ces ouvrages bon marché qui surfent sur la vague de l’ésotérisme n’ont rien de bien sérieux et sont, en grande majorité, fantaisistes et folkloriques. Il ne s’agit pas non plus d’un livre traitant du mouvement Wicca, largement représenté dans les pays anglo-saxons, lequel est un mouvement très tendance actuellement chez les plus jeunes, essentiellement depuis la diffusion de la série « Charmed ».

Je voudrais d’abord saluer le travail de fourmi qu’a effectué Hugues Berton pour les besoins de son livre, « Objets de Sorcellerie – Objets pour guérir, objets pour maudire », paru aux éditions De Borée. Né en 1953, l’auteur est chercheur en ethnologie. Il s’est orienté vers la sauvegarde du Patrimoine immatériel culturel. De fait, il a fondé, en 1986, la Société d’Etudes et de Recherches des Survivances Traditionnelles (SEREST). C’est pourquoi son ouvrage traite de la sorcellerie avant tout sous un angle ethnologique. Sorcellerie qui, et je peux encore en témoigner, est toujours présente dans le tréfonds de nos obscures campagnes.

Mais, comme le note l’auteur, doit-on craindre les objets de sorcellerie ? Certains peuvent-ils être chargés ? Au-delà des superstitions, ces objets, matériels et psychiques, s’enracinent dans des traditions anciennes, des mythes, des légendes qui structurent la vie communautaire et marquent une quête de sens universelle : ils répondent aux angoisses que connaissent les hommes face aux questions existentielles. Utilisés par ceux « qui savent y faire » pour guérir, pour bénir ou pour maudire, les objets de croyance sont chargés de sens depuis la nuit des temps…

Ainsi, l’auteur nous invite à un passionnant voyage en plusieurs étapes, à travers ce musée « livresque » aux accents inquiétants. Pour débuter ce voyage, il explore, de manière très juste, les liens qui relient la sorcellerie à notre psyché. Comme Hugues Berton le dit : « La technique (…) consiste à activer un système logique mais non rationnel de cause à effet, en vue de créer des interactions puissantes entre les parties inconscientes concernées de l’individu, sa personne, ainsi que les membres de sa famille ou de sa communauté ». Je suis bien évidemment d’accord avec l’auteur. Cette interaction est évidente. Comme je me plais à le dire régulièrement, le pouvoir du sorcier est celui que vous lui donnez. De fait, comme le souligne Hugues Berton, « les pratiques des tradipraticiens sont effectives et efficaces du fait qu’elles sont chargées de sens par ceux qui les utilisent. (…) Le travail du tradipraticien va consister à mettre en œuvre un mécanisme chargé de sens, mécanisme susceptible d’engendrer des répercussions sur le psychisme et sur les fonctions corporelles du patient ». Dans ce cas, ce n’est pas le conscient qui a, précisons-le, une portée limitée de la chose mais l’inconscient qui met en place le processus curatif. Nous sommes dans ce que Alexandro Jodorowsky nommerait une « Tricherie Sacrée ».

L’auteur nous entraîne ensuite dans son étrange musée à la découverte d’une collection exceptionnelle d’objets de sorcellerie. En effet, dans cet ouvrage sont présentés et commentés plus de 500 objets rares et insolites principalement recueillis par l’auteur : amulettes, objets de protection, de divination et de maléfice utilisés de la préhistoire à nos jours, plantes, animaux ayant trait à la sorcellerie, aux croyances et à la guérison en milieu rural, livres d’exorcismes, grimoires magiques, prières de conjuration, minéraux et pierres guérisseuses dites « pierre à venin »…

C’est un plaisir pour les yeux autant que pour l’esprit. D’autant que certains objets de cette collection me renvoient à l’enfance. En effet, mon arbre généalogique conséquent m’a permis de naviguer dans cet univers en eaux troubles. Avec bonheur, je redécouvre dans ce livre les « cartes oracles », perdues depuis, qui me furent offertes par ma mère et qui m’ont permis de faire mes premiers pas dans la cartomancie. Je reconnais aussi là quelques grimoires qui furent en ma possession ainsi que mon premier pendule et ma première baguette de sourcier. Pour la petite histoire, notons que, dans le chapitre consacré à la divination, Hugues Berton aborde très succinctement une technique bien connue des mentalistes, et dont je tairais le nom – culte du secret oblige - mais qu’il nomme technique de l’éventail…

En conclusion, un ouvrage que toute personne, désireuse d’en savoir plus sur l’origine de la sorcellerie et de ses outils ainsi que du véritable fonctionnement de cet art, se doit de lire et de posséder. Enfin, à l’attention des « bizarristes » qui me lisent, ce livre, indispensable à votre bibliothèque, sera une inépuisable source d’inspiration pour vos travaux.
Vous l’aurez compris, laissez-vous envoûter par ce « grimoire » qui ne demande qu’à vous ensorceler. E.F.

"Objets de sorcellerie"
de Hugues Berton
Collection La mémoire du temps
Editions de Borée
Oct. 2008