jeudi 30 juillet 2009

Paris, ville fantôme

Dans quelques jours, Paris va prendre ses quartiers d’été, plongée dans sa quiétude du mois d’août, sans ses Parisiens. Seuls les flâneurs, les rêveurs, les touristes, les artistes et les irréductibles, par choix ou par contrainte, vont arpenter les rues ensoleillées de la ville lumière, débarrassée de ses bouchons, de sa pollution, de ses interminables files d’attente et de ses excités au bord de la crise de nerf. Bientôt une ville fantôme en quelque sorte. L’occasion rêvée pour découvrir ou redécouvrir Paris, sous un angle différent. Avec le guide "Paris, fais-nous peur", publié aux éditions Christine Bonneton, Marc Lemonier et Claudine Hourcadette, deux amateurs de ballades thématiques, nous entraînent dans un voyage au cœur du crime, de l’étrange et de l’irrationnel. Bien souvent, le parisien pressé (pléonasme ?) passe et repasse devant des façades dont il ignore les secrets : monuments, arrière-cours, passages, musées, légendes, faits divers,… Or, Paris est une petite boutique d’antiquités, faite de décors réels ou imaginaires, où, sous les gaz d’échappement, se cachent une inscription énigmatique, une empreinte du passé, un frisson. Il faut donc prendre le temps de s’y arrêter et de laisser vagabonder notre esprit romantique. Certes on y retrouve de grands classiques comme Bélphegor au Louvre, les Templiers au Pont-Neuf, le diable à Notre-Dame, La Voisin et ses poisons, les alchimistes, les criminels célèbres, les hauts lieux de la police, les fantômes du Luxembourg, les coulisses du Da Vinci Code, les hôtes incontournables du Père-Lachaise ou les ossements des Catacombes. Mais il est toujours bon de réviser ses classiques en cette période de devoirs de vacances, n’est-ce pas ? En outre, au-delà de ces fondamentaux, c’est le parti-pris éditorial des auteurs (qui, pour chaque arrondissement, ont sélectionné des histoires autour d’un thème fort), ainsi que certaines anecdotes peu connues, qui viennent différencier ce nouveau guide du Paris secret et insolite. Saviez-vous que Sherlock Holmes avait séjourné à Paris ? Qu’Agatha Christie y avait été agressée ? Qu’une statue de la vierge s’était mise à saigner après avoir été poignardée par un soldat suisse ? Qu’un OVNI a été aperçu survolant la Tour Eiffel ? Qu’un esprit frappeur hantait la rue des Noyers ? Qu’un trésor aurait été découvert dans des souterrains sous la butte Montmartre ? De quoi enflammer notre imagination ! Bien sûr, pour certaines histoires à faire froid dans le dos, il n’y a plus aucune trace visible sur le terrain. Mais les auteurs ont eu l’idée de nous renvoyer à des livres, des films ou à d’autres vestiges, bien visibles ceux-là, qui célèbrent à leur manière la mémoire de ces récits tantôt macabres, tantôt surnaturels. C’est donc une ballade à la fois touristique et poétique, aux frontières du mystère, à laquelle ce "Paris, fais-nous peur" nous invite. Richement illustré, ce guide s’avère pratique et ludique, aussi bien sur place que confortablement installé dans son canapé. Bon été à Paris ! Olivier

lundi 27 juillet 2009

Connaissez-vous Billy Brouillard ?

Comment avons-nous pu passer notre route estivale sans remarquer le fabuleux livre d’illustration, mi-BD, mi carnet de croquis, de Guillaume Bianco ?! D’abord, un grand merci au P’tit Lu, illustrateur de talent, de m’avoir signalé cet ouvrage consacré aux facéties d’un petit garçon, amateur d’histoires morbides et de créatures fantastiques. Si vous êtes fan de Tim Burton, lui-même fan de Vincent Price, lui-même fan d’Edgar Allan Poe, vous allez adorer ! Il s’appelle Billy Brouillard, aurait pu faire partie de la fratrie des Orphelins Baudelaire et "souffre" d’un don de trouble vue. Ce qui lui permet de vivre éveillé ses rêves et ses cauchemars. Il n’est pas méchant, juste un peu turbulent, avec l’irrésistible envie de faire peur et se faire peur. Il m’est impossible de vous en dire davantage tellement l'oeuvre est riche. Le mieux, c’est de vous procurer, le plus vite possible et les yeux fermés, "Billy Brouillard, le don de trouble vue" par Guillaume Bianco, publié par les Editions Soleil. Un beau livre collector que vous ne lirez pas d’une traite, mais par petits bouts. En tous cas, que vous n’êtes pas prêts de lâcher de sitôt. Chapeau bas pour ce projet d’édition qui rend magnifiquement hommage à la "Triste fin du petit Enfant Huître", un recueil de poèmes macabres et de dessins hantés par la mort, signé de la main du réalisateur des Noces Funèbres et de Sweeney Todd. Et sur son Blog, l’auteur annonce une suite… Olivier.